dimanche 1 février 2009

Méli-Méliès


Je viens d'aller voir l'expo fascinante que la cinémathèque française consacre à Georges Méliès : l'homme et son oeuvre. Et je n'en suis pas peu fier!
En effet, cette expo, démarrée en avril dernier, ne dure que jusqu'en juin prochain!

Je ne sais pas toi, mais je trouve incroyable la façon dont ma tendance naturelle à la procrastination est exacerbée avec ce genre d'expos qui restent à l'affiche pendant plus d'un an!

Ben oui, on aura toujours le temps d'y aller le week end suivant! Il y a toujours plus urgent à faire, à voir, on se dit qu'il n'y a pas le feu et qu'on pourra même y aller plusieurs fois si elle nous plaît vraiment.

Et en fin de compte, ben on la loupe, l'expo! Et je sais de quoi je parle, ça m'est déjà arrivé plusieurs fois!

Mais revenons-en à Méliès : le personnage est suffisamment incroyable pour qu'on s'y attarde. Qui c'est, Méliès, d'abord? Au départ, c'est un dessinateur, né en 1861. Il s'adonne ensuite à la caricature, puis à la prestidigitation.

Contemporain des Lumière (les frangins, pas les philosophes!) il est le témoin de l'essor que connaissent les techniques photo et ciné, ainsi que de l'industrie qui va avec.

Tandis qu'Auguste et Louis Lumière mettent en application leur cinématographe dans le cadre documentaire, Méliès, adepte du fantastique et du merveilleux, est le premier à envisager le spectacle cinématographique, en un mot : la fiction. Problème, les frangins refusent de vendre leur invention à Méliès.



La sortie des usines Lumière, à Lyon



L'arrivée du train en gare de La Ciotat


Les deux terribles frangins s'essaient néanmoins à la comédie, avec L'arroseur arrosé :




Mais Méliès n'en reste pas là et traverse la Manche pour s'équiper chez la concurrence britannique, gardant moins jalousement ses nouvelles techniques.

Dès lors commence une frénétique production. Si son premier film, Une partie de carte, pourrait tout à fait être tiré de la filmographie des frères Lumière, Méliès intègre la notion de spectacle et de fantasmagorie dès son deuxième opus, souci qui ne devra plus le quitter tout au long de sa carrière cinématograpghique.

En à peine seize années, ce sont plus de 500 films qui sont écrits, produits, réalisés par Méliès qui joue également dans la plupart de ses oeuvres. De son cerveau génial sortent, à ces occasions, les premiers effets spéciaux qui n'auront de cesse de se multiplier, de se perfectionner et de permettre à Méliès d'atteindre un impact visuel inatteignable lors de ses tours de magie réalisés en direct, sur scène, devant un public.

Trucages optiques, surimpressions de la pellicule, fondus enchaînés, arrêt de caméra sont autant de tours mis à profit pour susciter la surprise, l'émerveillement, l'interrogation... à une époque où le cinéma est encore muet et où le zoom et le travelling n'ont pas encore fait leur apparition!

Méliès est, de même, le premier à proposer des films colorisés ainsi que des oeuvres qui, sans être encore des longs métrages, commencent tout de même à afficher une durée respectable. Alors que les films tournés par les frères Lumière ne durent encore que quelques minutes, nombreuses sont les "histoires cinématographiques" du grand Georges flirtant avec les 10 minutes, et même 13 minutes pour Le voyage dans la Lune (260m de pellicule).








Non content d'être un génial inventeur, Méliès se révèle être un visionnaire, puisqu'il imagine, dès 1907, un tunnel sous la Manche. Les sous-marins et la conquête de la Lune, sortis tout droit de l'esprit de Jules Verne, sont autant de graines semées qui germent dans la serre-studio de Méliès, à Montreuil.





Malheureusement, comme souvent, les belles histoires ont une fin triste. En effet, Méliès accumule les dettes et est contraint d'abandonner le cinéma. Pour subsister, il devient marchand de jouets gare Montparnasse, et détruit tous les négatifs de ses films, faisant disparaître à jamais des trésors du cinéma français.

Quoi qu'il en soit, j'ai passé hier deux heures dans une atmosphère magique et fantastique où je t'encourage vivement à aller t'immerger, si tu en as l'occasion.
Mon seul regret au sujet de cette expo? Le nombre trop réduit de films sauvegardés et maintenus jusqu'à nos jours en état d'être présentés au public...

6 commentaires:

plumevive a dit…

je note, je note, je note !

elle a l'air extra...

Yibus a dit…

Tu peux m'envoyer des vidéos des films please (uhuhuhuhuh) ?

Sinon, drôle de vie, ce Méliès (ça pourrait faire un titre de bouquin de Marc Levy, "Mes vies, Méliès, mes tristesses).

Fab-Fab a dit…

@ Plume : elle est vraiment pas mal, ouais!

@ Yib : il doit y avoir un trait d'humour, mais j'avoue ne pas le saisir...
Sinon, oui, bien vu pour Marc Lévy!

Méliès, we can! (bon, ok, j'arrête!)

Dodue a dit…

C'est chouette de retrouver les films sur You Tube car en effet c'est un pan de patrimoine qui disparait faute de moyens pour le sauvegarder. Il y a quelques années je participais à l'organisation d'un festival de cinéma et nous avions fait venir des films de Méliès (avec le pianiste) et sa petite fille qui s'occupe de conserver tous ces trésors. Elle nous a raconté ses galères et le désintérêt total des services culturels de l'Etat. Donc vive l'internet et merci à toi.

plumevive a dit…

j'y suis allée !

billet dans pas longtemps...

Fab-Fab a dit…

@ plume : ah ben ouais! t'avais bien noté! ;-)