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dimanche 1 février 2009

Méli-Méliès


Je viens d'aller voir l'expo fascinante que la cinémathèque française consacre à Georges Méliès : l'homme et son oeuvre. Et je n'en suis pas peu fier!
En effet, cette expo, démarrée en avril dernier, ne dure que jusqu'en juin prochain!

Je ne sais pas toi, mais je trouve incroyable la façon dont ma tendance naturelle à la procrastination est exacerbée avec ce genre d'expos qui restent à l'affiche pendant plus d'un an!

Ben oui, on aura toujours le temps d'y aller le week end suivant! Il y a toujours plus urgent à faire, à voir, on se dit qu'il n'y a pas le feu et qu'on pourra même y aller plusieurs fois si elle nous plaît vraiment.

Et en fin de compte, ben on la loupe, l'expo! Et je sais de quoi je parle, ça m'est déjà arrivé plusieurs fois!

Mais revenons-en à Méliès : le personnage est suffisamment incroyable pour qu'on s'y attarde. Qui c'est, Méliès, d'abord? Au départ, c'est un dessinateur, né en 1861. Il s'adonne ensuite à la caricature, puis à la prestidigitation.

Contemporain des Lumière (les frangins, pas les philosophes!) il est le témoin de l'essor que connaissent les techniques photo et ciné, ainsi que de l'industrie qui va avec.

Tandis qu'Auguste et Louis Lumière mettent en application leur cinématographe dans le cadre documentaire, Méliès, adepte du fantastique et du merveilleux, est le premier à envisager le spectacle cinématographique, en un mot : la fiction. Problème, les frangins refusent de vendre leur invention à Méliès.



La sortie des usines Lumière, à Lyon



L'arrivée du train en gare de La Ciotat


Les deux terribles frangins s'essaient néanmoins à la comédie, avec L'arroseur arrosé :




Mais Méliès n'en reste pas là et traverse la Manche pour s'équiper chez la concurrence britannique, gardant moins jalousement ses nouvelles techniques.

Dès lors commence une frénétique production. Si son premier film, Une partie de carte, pourrait tout à fait être tiré de la filmographie des frères Lumière, Méliès intègre la notion de spectacle et de fantasmagorie dès son deuxième opus, souci qui ne devra plus le quitter tout au long de sa carrière cinématograpghique.

En à peine seize années, ce sont plus de 500 films qui sont écrits, produits, réalisés par Méliès qui joue également dans la plupart de ses oeuvres. De son cerveau génial sortent, à ces occasions, les premiers effets spéciaux qui n'auront de cesse de se multiplier, de se perfectionner et de permettre à Méliès d'atteindre un impact visuel inatteignable lors de ses tours de magie réalisés en direct, sur scène, devant un public.

Trucages optiques, surimpressions de la pellicule, fondus enchaînés, arrêt de caméra sont autant de tours mis à profit pour susciter la surprise, l'émerveillement, l'interrogation... à une époque où le cinéma est encore muet et où le zoom et le travelling n'ont pas encore fait leur apparition!

Méliès est, de même, le premier à proposer des films colorisés ainsi que des oeuvres qui, sans être encore des longs métrages, commencent tout de même à afficher une durée respectable. Alors que les films tournés par les frères Lumière ne durent encore que quelques minutes, nombreuses sont les "histoires cinématographiques" du grand Georges flirtant avec les 10 minutes, et même 13 minutes pour Le voyage dans la Lune (260m de pellicule).








Non content d'être un génial inventeur, Méliès se révèle être un visionnaire, puisqu'il imagine, dès 1907, un tunnel sous la Manche. Les sous-marins et la conquête de la Lune, sortis tout droit de l'esprit de Jules Verne, sont autant de graines semées qui germent dans la serre-studio de Méliès, à Montreuil.





Malheureusement, comme souvent, les belles histoires ont une fin triste. En effet, Méliès accumule les dettes et est contraint d'abandonner le cinéma. Pour subsister, il devient marchand de jouets gare Montparnasse, et détruit tous les négatifs de ses films, faisant disparaître à jamais des trésors du cinéma français.

Quoi qu'il en soit, j'ai passé hier deux heures dans une atmosphère magique et fantastique où je t'encourage vivement à aller t'immerger, si tu en as l'occasion.
Mon seul regret au sujet de cette expo? Le nombre trop réduit de films sauvegardés et maintenus jusqu'à nos jours en état d'être présentés au public...

jeudi 18 décembre 2008

La femme à la bûche...


La bûche de naouelle, avant d'être une institution culinaire, (glacée ou pâtissière? ou, alternative à laquelle j'ai droit tous les ans, car on me force à la faire à la maison : aux marrons*), c'était en fait une méga-bûche (en bois!) qu'on gardait pour la fin d'année. L'enjeu, c'était quelle soit assez grosse pour qu'en la mettant dans l'âtre à naouelle, elle puisse se consumer jusqu'au réveillon de nouvel an, soit pendant une semaine environ.

Enfin, ça, c'est la légende, pasqu'une bûche suffisamment grosse pour chauffer la maisonnée en plein hiver et pendant un semaine, moi j'appelle ça un stère! Et une bigbûche comme ça, ben j'en n'ai jamais vu!

* Le coup de la bûche aux marrons a tendance à m'énerver un peu. Il se trouve qu'une année, lors des préparatifs des festivités chez mes parents, bon gars, j'ai voulu rendre service.

- Moi : Qu'est-ce que je peux faire pour aider?

- Ma mère : ah ben tiens, t'as qu'à faire la bûche aux marrons, j'aurai pas le temps de m'en charger...

L'année d'après, re-belotte, pareil, le coup de la bûche aux marrons! Du coup, maintenant, à chaque fois, ma mère m'attend pour me laisser faire la bûche, comme si ça me faisait particulièrement plaisir!

Pis, lorsqu'on est invité quelque part et qu'on amène cette fameuse bûche comme participation aux agapes collectives, ma mère présente le dessert comme "la bûche de Fab-Fab". Tant et si bien que l'assistance doit croire que c'est chaque année moi qui insiste pour faire cette satanée bûche, et penser tout bas en me voyant arriver "ce con de Fab-Fab va encore nous gazer avec sa bûche"... Alors que moi, je la fais juste pour participer à l'effort de guerre et me donner bonne conscience, mais je couperais le pain où je mettrais la table que ça me ferait le même effet... C'est juste histoire de m'occuper les doigts, je suis pas un toqué de la bûche aux marrons!

Bob, si tu lis ce billet, j'espère que tu comprends ma détresse et que tu ne me jugeras pas trop sévèrement si, jeudi prochain, on arrive chez toi avec "la bûche aux marrons de Fab-Fab".... Faudrait que je la sabote volontairement un jour, peut -être que ma mère arrêterait de me demander de la faire...

Comme le titre de mon billet peut le laisser penser, le chocolat du jour m'évoque aussi et surtout la "femme à la bûche", la mystérieuse philosophe de la série Twin Peaks, de David Lynch.



Je n'ai pas trouvé de vidéo d'elle directement sur youtube pour l'inclure à ce billet, alors je te mets un petit lien vers un blog que je ne connais pas, mais où j'ai trouvé trois leçons de choses de la fameuse femme à la bûche. En VO, of course!

Et pour se quitter en t'incitant, je l'espère, à revisionner certains de ses films pendant les fêtes plutôt que de gober les affligeants bêtisiers télévisuels de fin d'année, voilà un petit Fred Astaire qui va bien : Accompagné de Ginger Rogers, il nous chante Cheek to cheek.

mardi 2 décembre 2008

Road trip movie


Hier, je suis allé au ciné. J'y ai vu le documentaire d'Antoine de Maximy J'irai dormir à Hollywood.

Je sais pas si tu connais de Maximy. C'est un mec au bagout assez incroyable : il a une aisance à créer le contact avec des inconnus, à engager la conversation, c'est juste pas croyable là! Faut dire qu'il a une bonne tête aussi, ça aide. Les gens doivent se sentir assez facilement en confiance, et ne pas trop se dire qu'il s'agit d'un psychopathe qui va les dépouiller ou les violer.

Car son truc, à de Maximy, c'est de s'inviter à aller dormir chez les gens. Il fait une émission depuis un certain temps sur France 5, J'irai dormir chez vous, que ça s'appelle...

Alors il part en voyage avec un stock de chemises rouges et un sac de couchage, de préférence à l'autre bout du monde, mais ça peut aussi bien être dans un quartier de Paris... Et puis il marche. Et là, tout devient prétexte à la rencontre de gens et au partage de moments avec eux : un repas ou juste un verre, une nuit (en tout bien tout honneur) pour s'imprégner de l'ambiance et des conditions de vie de ces quidams des 4 coins du monde.

Le concept, c'est qu'il se ballade avec un attirail qu'on dirait un paraplégique, puisqu'étant tout seul, il est équipé de caméras fixes qui filment ce qu'il voit, mais aussi qui le filment lui (via un bras télescopique) et enfin, une dernière caméra libre lui permet de faire des plans aux points de vues plus spontannés et pertinents (au passage : chapeau aux monteurs et au responsable du mixage qui ont dû passer un certain temps sur ce film...). Du coup, ça l'aide bien aussi à établir le contact : il éveille souvent la curiosité chez les gens qui le croisent, l'air amusé. Certains ont peur, et refusent d'être filmés, c'est marrant...


Après avoir bourlingué dans plein de pays du monde d'Afrique en Asie et en Europe, il s'est aperçu qu'il n'était jamais parti aux Etats-Unis dans le but d'y tourner ses reportages et qu'il ne connaissait finalement pas si bien que ça ce pays cosmopolite où les coutumes sont parfois étranges. Du coup, c'est là qu'il a décidé de faire son long métrage.

Et ça vaut le coup! L'objectif d'aller dormir à Hollywood, chez une star, n'est bien sûr qu'un prétexte pour traverser le pays, au départ de la Grosse Pomme, et faire des haltes improvisées, tout au long de son périple, chez des inconnus, au gré des rencontres.

C'est amusant de suivre les tribulations de ce voyageurs solitaire improvisant son parcours au jour le jour. Ca m'a rappelé quelques bons moments, car j'ai eu moi-même la chance de me balader en Amérique du Nord, voyageant également en solitaire. L'avantage de n'avoir que soi à gérer, c'est que ça laisse une grande lattitude d'actions et une grande flexibilité. Je revivais donc quelques unes de mes propres expériences, à voir Antoine faire de l'auto-stop, se faire inviter à droite, dormir à l'improviste à gauche, même sur une plage! (ça j'ai fait aussi, mais pas aux Etats-Unis).

J'ai notamment aimé les atmosphères qui sont retranscrites : l'ambiance à bord de l'Amtrak, les heures passées à attendre une correspondance sur les fauteuils inconfortables d'une gare routière, la monotonie des trajets en bus Greyhound et puis l'enthousiasme et l'excitation au sortir dudit bus, à chaque nouvelle étape, au seuil de nombreuses rencontres et découvertes...

C'est intéressant de voir, à certaines reprises, comment ce type qui s'incruste un peu partout où il le peut, sans appréhension aparente, devient cisrconspect à la Nouvelle Orléans, où règne manifestement une ambiance d'insécurité palpable ; ou encore lorsqu'il tombe sur un mec très louche qui l'invite dans sa maison : "mais, je n'ai rien à faire chez vous", lui répond-il, cherchant une échappatoire... Une inversion de situation tragi-comique!
Ce qui est un peu tragi-comique aussi, c'est que, curieux de tout, de Maximy n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat - volontairement -, mais se retrouve parfois pris à son propre jeu lorsque, ne saisissant pas toutes les subtilités lexicales de la discussion, il insiste et s'enfonce sur certains points qu'il aurait eu, autrement, la délicatesse d'éluder. Mais, bon, c'est ça aussi le journalisme d'investigations!

Le point un peu décevant, c'est l'arrivée à Hollywood : il faut reconnaître (et je ne vous priverai pas de l'intérêt d'aller voir le film en vous en révélant la fin) qu'il jette un peu rapidement l'éponge en ce qui concerne l'idée d'aller dormir chez une star de ciné... Je m'attendais à le voir un peu plus insistant et imaginatif, mais, comme je vous l'ai déjà dit, là n'était pas le réel objectif du film...

Bon, l'autre truc moins drôle, c'est que ça m'a donné envie de repartir, moi aussi! Et que ça n'est ni trop prévu, ni trop possible pour l'instant (en tous cas dans ces conditions...). Oui, pasque je vais pas trop me plaindre non plus ; dans un mois jour pour jour, à l'heure qu'il est, je serai dans l'avion au dessus de l'Atlantique quand même. Voyage essentiellement professionnel, mais qui reste cependant toujours une expérience agréable!

Et toi sinon? Tu l'as vu le film? T'en as pensé quoi??

Et pour rester sur le thème du voyage et de la rencontre, aujourd'hui, deux clips vidéos pour le prix d'un! D'abord, Down Under, des Men at work:




Et puis, pour reprendre la direction Est-Ouest du film J'irai dormi à Hollywood, les Pet Shop Boys, avec LEUR titre (tu sais s'ils en ont fait d'autres, toi?):


samedi 15 novembre 2008

Minutemen, l'effet papillon

Décidément, les Etats-Unis n'ont pas fini de me sidérer. Et leurs habitants non plus! Vendredi dernier, je regardais Thalassa.... Oui, je sais : je m'éclate dans la vie! Mais bon, là n'est pas la question, laisse moi être un blogueur aigri si j'ai envie!

L'un des sujets de l'émission du sympathique Georges Pernoud et de son sourire de travers était : les minutemen. Il s'agit de "bons Américains pure souche" ayant un sens très poussé du patriotisme.

Toi qui me lis, tu es sans doute déjà au courant, qu'il existe, aux zétazunis, une police de l'immigration dont le métier est de se rôtir la couenne en plein cagnard afin de surveiller farouchement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. L'objet est, bien évidemment, de veiller à ce que tout Américain qui tenterait d'émigrer au Mexique le fasse dans de bonnes conditions de réussite, et notamment qu'il emporte avec lui une gourde d'eau fraîche... Bon, j'ai un peu présenté le problème à l'envers il me semble...

Et bien en plus de cette police, donc, il y a les minutemen! Qui sont les minutemen?

Le profil type du minuteman est le suivant : la cinquantaine bien tassée, tirant même vers la soixantaine et plus (on reste minuteman jusqu'au bout, de toute façon!), la bedaine bien présente, le 4x4 pick-up, le stetson vissé dur la tête et le gun à portée de main. Une bolo-tie et un CV d'ex-marine ou de vétéran d'une guerre -quelle qu'elle soit - est un plus.

Mais rassurez vous (ou pas!) : il n'y a ni concours, ni examen pour devenir minuteman. Il faut simplement un sens patriotique exacerbé, du temps à revendre, et... ah, oui, il faut aussi être citoyen américain, bien sûr!

En fait les minutemen constituent une milice volontaire et bénévoles agissant en renfort de la police des frontières "régulière". Si tu as vu le film Los tres entierros de Melquiades Estrada , de Tommy Lee Jones, tu as déjà une première idée du décor et de la problématique. Tiens, pour ta peine, je te mets la bande annonce : elle est peut être un peu violente, mais le film est très bien.


Le film veut nous faire croire qu'il y a encore des types biens, du côté américain, qui ont encore un regard humain sur la question de l'immigration mexicaine. Mais, je m'égare : donc, pour en revenir aux minutemen (ce sont bien eux les stars de ce billet!), ces mecs, donc, n'ont manifestement rien de mieux à foutre que de patrouiller en solo, mais quand même avec une CB (ou son équivalent contemporain) le long de la frontière mexicaine pour débusquer l'aspirant immigrant et si possible, lui faire changer d'idée, quitte à employer les grands moyens d'intimidation.

Le minuteman suivi pour le reportage de Thalassa la jouait soft : "je les observe [les Mexicains], je repères ceux qui passent la frontière et les signale par radio à la police qui se charge de les intercepter..." (Je rappelle que la police n'a rien demandé, au départ...)

Nul doute qu'en caméra caché, on aurait certainement pu voir le minuteman procéder à sa propre interpellation, suivie d'une petite séance d'intimidation, comme ça, juste pour le petit déjeuner.... Avant d'aller s'envoyer un gros T-bone steack au dinner voisin.

Filmant un Mexicain qui lorgne la frontière, le journaliste de Thalassa, embarqué à bord du pick-up de mister minute demande à ce dernier : "que pensez vous de cet homme, de ce qu'il aspire à faire?". Et l'homme minute de répondre "je n'en pense rien" avant d'ajouter péremptoirement, pour adoucir un peu son image cathodique "tant qu'il est de son côté de la frontière, il m'est plutôt sympathique, mais s'il vient de ce côté-ci, alors, il devient un hors la loi!... j'aime mon pays, et ma mission et donc de l'en empêcher"

Un peu plus loin, le reporter s'attarde sur une plage barrée d'un mur constitué de poutres métalliques. Juste assez espacées pour voir ce qu'il y a de l'autre côté, mais juste assez serrées pour empêcher le passage d'un adulte... d'autant que la police veille.

Du coup, cette plage est devenue une sorte de parloir : les Mexicains entrés légalement aux States mais en attente de régularisation (donc ne pouvant quitter le pays) se donnent rendez vous le dimanche avec femme et enfants, restés au pays car sans les papiers nécessaires.... S'ensuit alors un étrange picnic dominical, pris de part et d'autre d'une frontière....

Voir ces images fait un drôle d'effet, c'est assez dérangeant.... Quand on sait que les Mexicains risquent parfois leur vie pour passer la frontière tellement leur quotidien est insupportable de misère, et que les Américains, patriotes, certes, mais aussi ultra-protectionnistes, paient des policiers et se constituent en milices pour aller casser du clandestin, ça fait quand même froid dans le dos...

Le pire, ce sont ces minutemen pris en flagrant délit d'infraction, pour plus d'efficacité : celui-ci a débranché le fusible de ses feux de stop et roule tous feux éteints, de nuit, pour scruter la frontière avec des jumelles de vision nocturne sans être vu.... les autre, là bas, ont un bateau, pour traquer les Mexicains qui viendraient par la mer. Les gardes côtes les abordent : "qui êtes vous? pourquoi n'avez vous pas allumé vos feux de navigation?

- on est des minutemen!

-ah! OK, c'est bon, bonne nuit les gars!"

Ne me faites pas croire qu'il s'agit simplement de patriotisme! Ca tourne au trouble obsessionnel compulsif à ce stade! Et puis c'est vraiment de la connerie pure et dure! Les minutemen préfèrent se mettre en danger plutot que de louper un éventuel immigrant clandestin sur qui se défouler.... How bas is this world!?!....

Allez, pour essayer de croire encore en l'être humain, j'appelle Ben et Jack à la rescousse. C'est une reprise de Bob Marley, High tide & low tide :

lundi 10 novembre 2008

Spatial revival


En ce triste et gris lundi 10 novembre 2008, nous sommes encore à 8 mois et 10 jours du quarantième anniversaire du premier pas de l'Homme sur la Lune...

Il n'empêche que, ces derniers temps, on dirait que la chose spatiale jouit d'un regain d'intérêt de la part des media et, peut-être aussi, du public, du coup : la sonde martienne Phoenix passe en mode "hibernation", l'Inde en envoie une, de sonde, photographier la Lune, et les projets de base lunaire permettant de faire une pause pipi-et-hop-un-coup-su'l'pare-brise lors d'éventuels voyages habités vers Mars n'ont jamais autant fait couler d'encre... -Note pour plus tard : étudier le pertinence, à l'heure du blog-clavier-souris, de cette expression qui semble aujourd'hui bien désuète -

Et en cette fin d'année où l'industrie ciné pense plus que d'ordinaire à son public le plus jeune, deux films d'animation, à l'affiche depuis quelques semaines, dépoussièrent également la vieille gloire des jours héroïques de la conquête spatiale, américaine, celà va sans dire...

Dans l'ordre chronologique, Les Chimpanzés de l'espace (film que je n'ai pas encore vu) présente l'histoire librement adaptée de chimpanzés, partant dans l'espace (ô surprise, vous entends-je vous exclamer, eh oui!). Pourtant, la base de l'histoire est tirée de faits réels.

En 1961, aux premiers temps du programme Mercury, l'ère du simulateur était encore balbutiante. Rien de tel alors, pour simuler un astronaute, qu'un chimpanzé intensivement entraîné. Je ne sais pas comment les astronautes d'alors, the original seven, avaient pris la chose, nombre de journalistes et de pilotes n'ayant pas manqué de faire la comparaison entre les courageux pionniers humains du vol spatial et les valeureux primates.

Le 31 janvier 1961, c'est le chimpanzé Ham qui est le premier a effectuer un vol spatial (sub-orbital), tandis que son compère Enos a, pour sa part, la "chance" d'enchaîner deux orbites terrestres le 29 novembre de la même année.

Je ne m'éterniserai donc pas trop sur ce film, que j'irai voir dès que possible, mais vais davantage vous parler de Fly me to the Moon, film d'animation belge sorti une semaine après le précédent, et qui nous envoie à l'autre extrêmité des sixties, lors de la mission Apollo 11 et du premier alunissage en juillet 1969....


Là encore, il s'agit d'un film aux personnages animaliers (des mouches) histoire, vous l'aurez compris, de faire un jeu de mot avec le titre du film.
Trois mouches qui rêvent d'aller dans l'espace s'invitent donc à bord de la capsule aux côtés des astronautes Armstrong, Aldrin et Collins. Problème, contrairement aux singes qui n'ont fait qu'un saut de puce et puis retour, les mouches découvrent, trop tard, qu'elles embarquent pour une grosse semaine de voyage spatial.

Connaissant assez bien le sujet, j'étais curieux d'étudier la scénarisation d'un thème a priori sérieux, pour en faire un film si possible drôle et ludique. Je voulais voir quelle était la part de réel et la part d'affabulations brodées sur la base historique. C'est un exercice qui m'attire, la broderie d'affabulations scénarisée en une histoire de fiction, mais qui exige quand même un certain boulot pour que ça paraisse réaliste, ou a défaut, plausible... Savoir se détacher, à un moment donné, de la réalité, n'est pas évident pour un esprit cartésien comme le mien (uhuhuh!) : il faut trouver le bon moment, la bonne dose, bref, l'exercice n'est pas simple. Alors bien sûr, moi, on ne me demande rien, je n'ai aucune pression, mais c'est juste une démarche que j'entreprends pour moi... pour voir sur quelles idées et pojets ça peut déboucher...

Le film est distrayant et gentillet, mais son gros intérêt réside dans le fait qu'il est projeté en anaglyphe. C'est Méliès qui aurait aimé voir ça! Alors, bon, on oublie vite que le port des lunettes nous donne un air bête, puisque un, on est tous dans le même bateau, et deux, on est quand même dans le noir de la salle de ciné.


C'est d'ailleurs Louis Lumière qui a adapté ce principe de projection au cinéma. Ca me rappelle quand j'étais étudiant à l'école éponyme : lors des journées portes ouvertes, j'avais la charge de faire visiter le labo d'optique appliquée et d'expliquer aux badauds le principe simplifié de la création du relief à partir d'un petit dispositif composé de deux projecteurs diapos... Ils comprenaient moins bien l'holographie, je me demande bien pourquoi...



Le résultat de l'expérience Fly me to the Moon est quand même assez impressionnant, même si certains effets sont volontairement forcés pour accentuer la profondeur : du coup, l'oeil peine parfois à accomoder, notamment dans la succession brutale de plans nécessitant une "mise au point" différente. Il faut dire aussi que le cerveau n'est pas habitué à reconstituer ainsi le relief pendant un exercice aussi long (1h24) et perd un peu pied au bout de quelques minutes, avant de se remettre à flots.




Malheureusement, en raison de l'équipement de projection spécifique nécessaire, ce film n'est pas diffusé dans beaucoup de salles. Mais si vous ne savez que faire des gamins un mercredi après midi et que le film passe près de chez vous, allez-y : ça leur en bouchera un coin!

L'autre bémol du film est l'apparition, dans le générique de fin, de Buzz Aldrin (le vrai), serré dans son bombers de la NASA, pour rétablir la vérité et préciser, signature à l'appui, qu'il était scientifiquement impossible que des mouches embarquent dans une capsule d'Apollo... Le côté fun américain en quelque sorte... Il a cependant oublié de préciser que, en vrai, les mouches ça ne parle pas, et qu'elles ne peuvent pas se fabriquer de mini scaphandres spatiaux... Non mais je vous jure!

Tiens, j'en profite à mon tour, du coup, pour rétablir une vérité sémantique : on dit souvent que la phrase historique d'Armstrong, lorsqu'il posa le pied gauche sur la Lune, fut : "c'est un petit pas pour l'Homme mais un grand pas pour l'Humanité"... en fait, il faut plutôt la traduire comme suit : "c'est un petit pas pour l'Homme, mais un bond de géant pour l'Humanité". Vous me direz, 40 ans après, on s'en tamponne.

Une anecdote qui m'avait fait sourire en regardant l'excellent film de David Sington In the shadow of the moon, lors d'une interview d'Alan Bean, qui marcha sur la Lune au cours de la mission Apollo 12. Ce dernier déclarait à peu près en ces termes : "C'est une chance que Neil (Armstrong, ndlr) ait été le premier. Avec son flegme et son self-contrôle, lui seul pouvait trouver une phrase ayant un tel retentissement historique. Je pense que si ça avait été moi le premier, je n'aurais pas été capable de trouver mieux que "Yeepee!! C'est moi! J'y suis enfin!""

Voilà ce sera tout à ce sujet : ce post avait pour objet de vous envoyer un peu plus près des étoiles par cinéma interposé. Et pour finir en musique, plutôt que de vous passer du Gold, je vais préférer Franck Sinatra...


vendredi 29 août 2008

Misogynie à part....



Découvrez Georges Brassens!



Hier soir, à la télé, j'ai revu Tango, de Patrice Leconte...
Datant de 1993, et hormis l'impact du temps sur les acteurs (notamment feu Philippe Noiret), ce film n'a pas vieilli et garde tout son intérêt encore 15 ans après sa sortie. Il faut dire que le sujet est intemporel (les relations hommes femmes), ça aide.
On y suit donc les tribulations de trois hommes en route pour aller tuer la femme de l'un d'eux. Une sorte de road-movie prétexte à des échanges de réflexions et de répliques assez succulentes, pas exactement misogynes (tous avouent aimer les femmes) mais pour le moins cinglantes à leur égard.

Un film de vieux garçons, diront certaines... Je préfère les laisser dire!

Si Georges s'est tu, je vous ferais bien écouter une autre de ses chansons, interprétée ici par Maxime le Forestier, et qu'il doit être assez jouissif, pour un homme, de savoir jouer à la guitare... Je vais d'ailleurs me mettre à la potasser derechef !

Allez, un bon week end à toutes et à tous!