
Je viens d'aller voir l'expo fascinante que la cinémathèque française consacre à Georges Méliès : l'homme et son oeuvre. Et je n'en suis pas peu fier!
La sortie des usines Lumière, à Lyon
L'arrivée du train en gare de La Ciotat
C'est pas pas'qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g...



Décidément, les Etats-Unis n'ont pas fini de me sidérer. Et leurs habitants non plus! Vendredi dernier, je regardais Thalassa.... Oui, je sais : je m'éclate dans la vie! Mais bon, là n'est pas la question, laisse moi être un blogueur aigri si j'ai envie!
L'un des sujets de l'émission du sympathique Georges Pernoud et de son sourire de travers était : les minutemen. Il s'agit de "bons Américains pure souche" ayant un sens très poussé du patriotisme.
Toi qui me lis, tu es sans doute déjà au courant, qu'il existe, aux zétazunis, une police de l'immigration dont le métier est de se rôtir la couenne en plein cagnard afin de surveiller farouchement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. L'objet est, bien évidemment, de veiller à ce que tout Américain qui tenterait d'émigrer au Mexique le fasse dans de bonnes conditions de réussite, et notamment qu'il emporte avec lui une gourde d'eau fraîche... Bon, j'ai un peu présenté le problème à l'envers il me semble...
Et bien en plus de cette police, donc, il y a les minutemen! Qui sont les minutemen?
Le profil type du minuteman est le suivant : la cinquantaine bien tassée, tirant même vers la soixantaine et plus (on reste minuteman jusqu'au bout, de toute façon!), la bedaine bien présente, le 4x4 pick-up, le stetson vissé dur la tête et le gun à portée de main. Une bolo-tie et un CV d'ex-marine ou de vétéran d'une guerre -quelle qu'elle soit - est un plus.
Mais rassurez vous (ou pas!) : il n'y a ni concours, ni examen pour devenir minuteman. Il faut simplement un sens patriotique exacerbé, du temps à revendre, et... ah, oui, il faut aussi être citoyen américain, bien sûr!
En fait les minutemen constituent une milice volontaire et bénévoles agissant en renfort de la police des frontières "régulière". Si tu as vu le film Los tres entierros de Melquiades Estrada , de Tommy Lee Jones, tu as déjà une première idée du décor et de la problématique. Tiens, pour ta peine, je te mets la bande annonce : elle est peut être un peu violente, mais le film est très bien.
Le film veut nous faire croire qu'il y a encore des types biens, du côté américain, qui ont encore un regard humain sur la question de l'immigration mexicaine. Mais, je m'égare : donc, pour en revenir aux minutemen (ce sont bien eux les stars de ce billet!), ces mecs, donc, n'ont manifestement rien de mieux à foutre que de patrouiller en solo, mais quand même avec une CB (ou son équivalent contemporain) le long de la frontière mexicaine pour débusquer l'aspirant immigrant et si possible, lui faire changer d'idée, quitte à employer les grands moyens d'intimidation.
Le minuteman suivi pour le reportage de Thalassa la jouait soft : "je les observe [les Mexicains], je repères ceux qui passent la frontière et les signale par radio à la police qui se charge de les intercepter..." (Je rappelle que la police n'a rien demandé, au départ...)
Nul doute qu'en caméra caché, on aurait certainement pu voir le minuteman procéder à sa propre interpellation, suivie d'une petite séance d'intimidation, comme ça, juste pour le petit déjeuner.... Avant d'aller s'envoyer un gros T-bone steack au dinner voisin.
Filmant un Mexicain qui lorgne la frontière, le journaliste de Thalassa, embarqué à bord du pick-up de mister minute demande à ce dernier : "que pensez vous de cet homme, de ce qu'il aspire à faire?". Et l'homme minute de répondre "je n'en pense rien" avant d'ajouter péremptoirement, pour adoucir un peu son image cathodique "tant qu'il est de son côté de la frontière, il m'est plutôt sympathique, mais s'il vient de ce côté-ci, alors, il devient un hors la loi!... j'aime mon pays, et ma mission et donc de l'en empêcher"
Un peu plus loin, le reporter s'attarde sur une plage barrée d'un mur constitué de poutres métalliques. Juste assez espacées pour voir ce qu'il y a de l'autre côté, mais juste assez serrées pour empêcher le passage d'un adulte... d'autant que la police veille.
Du coup, cette plage est devenue une sorte de parloir : les Mexicains entrés légalement aux States mais en attente de régularisation (donc ne pouvant quitter le pays) se donnent rendez vous le dimanche avec femme et enfants, restés au pays car sans les papiers nécessaires.... S'ensuit alors un étrange picnic dominical, pris de part et d'autre d'une frontière....
Voir ces images fait un drôle d'effet, c'est assez dérangeant.... Quand on sait que les Mexicains risquent parfois leur vie pour passer la frontière tellement leur quotidien est insupportable de misère, et que les Américains, patriotes, certes, mais aussi ultra-protectionnistes, paient des policiers et se constituent en milices pour aller casser du clandestin, ça fait quand même froid dans le dos...
Le pire, ce sont ces minutemen pris en flagrant délit d'infraction, pour plus d'efficacité : celui-ci a débranché le fusible de ses feux de stop et roule tous feux éteints, de nuit, pour scruter la frontière avec des jumelles de vision nocturne sans être vu.... les autre, là bas, ont un bateau, pour traquer les Mexicains qui viendraient par la mer. Les gardes côtes les abordent : "qui êtes vous? pourquoi n'avez vous pas allumé vos feux de navigation?
- on est des minutemen!
-ah! OK, c'est bon, bonne nuit les gars!"
Ne me faites pas croire qu'il s'agit simplement de patriotisme! Ca tourne au trouble obsessionnel compulsif à ce stade! Et puis c'est vraiment de la connerie pure et dure! Les minutemen préfèrent se mettre en danger plutot que de louper un éventuel immigrant clandestin sur qui se défouler.... How bas is this world!?!....
Allez, pour essayer de croire encore en l'être humain, j'appelle Ben et Jack à la rescousse. C'est une reprise de Bob Marley, High tide & low tide :
Dans l'ordre chronologique, Les Chimpanzés de l'espace (film que je n'ai pas encore vu) présente l'histoire librement adaptée de chimpanzés, partant dans l'espace (ô surprise, vous entends-je vous exclamer, eh oui!). Pourtant, la base de l'histoire est tirée de faits réels.
Là encore, il s'agit d'un film aux personnages animaliers (des mouches) histoire, vous l'aurez compris, de faire un jeu de mot avec le titre du film.
Trois mouches qui rêvent d'aller dans l'espace s'invitent donc à bord de la capsule aux côtés des astronautes Armstrong, Aldrin et Collins. Problème, contrairement aux singes qui n'ont fait qu'un saut de puce et puis retour, les mouches découvrent, trop tard, qu'elles embarquent pour une grosse semaine de voyage spatial.
Connaissant assez bien le sujet, j'étais curieux d'étudier la scénarisation d'un thème a priori sérieux, pour en faire un film si possible drôle et ludique. Je voulais voir quelle était la part de réel et la part d'affabulations brodées sur la base historique. C'est un exercice qui m'attire, la broderie d'affabulations scénarisée en une histoire de fiction, mais qui exige quand même un certain boulot pour que ça paraisse réaliste, ou a défaut, plausible... Savoir se détacher, à un moment donné, de la réalité, n'est pas évident pour un esprit cartésien comme le mien (uhuhuh!) : il faut trouver le bon moment, la bonne dose, bref, l'exercice n'est pas simple. Alors bien sûr, moi, on ne me demande rien, je n'ai aucune pression, mais c'est juste une démarche que j'entreprends pour moi... pour voir sur quelles idées et pojets ça peut déboucher...
Le film est distrayant et gentillet, mais son gros intérêt réside dans le fait qu'il est projeté en anaglyphe. C'est Méliès qui aurait aimé voir ça! Alors, bon, on oublie vite que le port des lunettes nous donne un air bête, puisque un, on est tous dans le même bateau, et deux, on est quand même dans le noir de la salle de ciné.
C'est d'ailleurs Louis Lumière qui a adapté ce principe de projection au cinéma. Ca me rappelle quand j'étais étudiant à l'école éponyme : lors des journées portes ouvertes, j'avais la charge de faire visiter le labo d'optique appliquée et d'expliquer aux badauds le principe simplifié de la création du relief à partir d'un petit dispositif composé de deux projecteurs diapos... Ils comprenaient moins bien l'holographie, je me demande bien pourquoi...

Malheureusement, en raison de l'équipement de projection spécifique nécessaire, ce film n'est pas diffusé dans beaucoup de salles. Mais si vous ne savez que faire des gamins un mercredi après midi et que le film passe près de chez vous, allez-y : ça leur en bouchera un coin!
L'autre bémol du film est l'apparition, dans le générique de fin, de Buzz Aldrin (le vrai), serré dans son bombers de la NASA, pour rétablir la vérité et préciser, signature à l'appui, qu'il était scientifiquement impossible que des mouches embarquent dans une capsule d'Apollo... Le côté fun américain en quelque sorte... Il a cependant oublié de préciser que, en vrai, les mouches ça ne parle pas, et qu'elles ne peuvent pas se fabriquer de mini scaphandres spatiaux... Non mais je vous jure!
Tiens, j'en profite à mon tour, du coup, pour rétablir une vérité sémantique : on dit souvent que la phrase historique d'Armstrong, lorsqu'il posa le pied gauche sur la Lune, fut : "c'est un petit pas pour l'Homme mais un grand pas pour l'Humanité"... en fait, il faut plutôt la traduire comme suit : "c'est un petit pas pour l'Homme, mais un bond de géant pour l'Humanité". Vous me direz, 40 ans après, on s'en tamponne.
Une anecdote qui m'avait fait sourire en regardant l'excellent film de David Sington In the shadow of the moon, lors d'une interview d'Alan Bean, qui marcha sur la Lune au cours de la mission Apollo 12. Ce dernier déclarait à peu près en ces termes : "C'est une chance que Neil (Armstrong, ndlr) ait été le premier. Avec son flegme et son self-contrôle, lui seul pouvait trouver une phrase ayant un tel retentissement historique. Je pense que si ça avait été moi le premier, je n'aurais pas été capable de trouver mieux que "Yeepee!! C'est moi! J'y suis enfin!""
Voilà ce sera tout à ce sujet : ce post avait pour objet de vous envoyer un peu plus près des étoiles par cinéma interposé. Et pour finir en musique, plutôt que de vous passer du Gold, je vais préférer Franck Sinatra...
