Marie-Georgesm'a, une fois encore, gratifié d'un tag. C'est mon deuxième tag, le premier ayant également émané d'elle. C'est sympa de penser à moi, parmi tous les blogs de son cercle de coutumiers. Ca me fait plaisir en tous cas!
Et puisqu'elle m'a intimé de répondre au questionnaire ci-dessous sur mes lectures et ma façon de m'y adonner, je m'y colle, discipliné que je suis...
Ca commence ici :
Plutôt corne ou marque-page ?
Ah, pas de cornes, ça abime! Définitivement marque-tapage. J'ai copié ma grande-grande soeur à ce niveau, et j'utilise les cartes postales gratuites en libre service dans les cinés et musées... Ca personnalise un peu chaque bouquin, et laisse une indication temporelle de la période à laquelle on l'a lu (par recoupement). Une carte par livre, faut bien ça!
As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui, plein de fois! Le dernier a été une parodie de guide touristique, de la part de mon frangin. Je ne m'y attarde pas trop car il va bientôt faire l'objet d'une recension ici bas. Quelques temps avant, ma Mie m'avait offert Vol de nuit, de St-Ex.
Lis-tu dans ton bain ?
Pour mouiller les pages et qu'elles gondolent en séchant? Ca va pas la tête!?! Pis en plus, j'ai pas de baignoire (lire sous la douche n'est, il faut bien le dire, pas très pratique non plus!)
As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui. Homme d'action plutôt que grand penseur, j'ai cessé d'y penser, et l'ai fait. Le problème, c'est que c'est addictif, comme démarche... Ca donne envie d'en écrire d'autres...
Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Je n'en pense rien. J'avais bien aimé la saga corrézienne de Claude Michelet, de même que la saga Malaussène de Pennac. Je ne me suis pas encore penché sur la série Millénium très en vogue en ce moment, mais j'en ai entendu le plus grand bien. Tant que les différents volets font l'objet d'un même projet, initialement pensé, et qu'il ne s'agit pas de suites commerciales en réponse au succès du premier volet, ça me va. Et pour tout dire, voilà plusieurs années que je m'adonne aux Rougon-Macquart.... En alternant avec d'autres lectures, bien entendu! J'ai pas complètement l'intention de m'abrutir plus que je ne le suis déjà. Mais faudrait que je m'y remette quand même, j'ai pris un long break...
As-tu un livre culte ?
Si l'on excepte la sus-mentionnée saga Malaussène, je garde une tendresse particulière pour Haute-Pierre, de Patrick Cauvin. Outre le style, je garde un bon souvenir de l'atmosphère dans laquelle l'auteur plonge le lecteur. Et puis cette ambiance de maison hantée, ça excite l'imagination! Un des rares bouquins que j'ai relu!
Aimes-tu relire ?
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Arf, cf. la question précédente! Ca dépend, il faut que le bouquin m'ait plongé dans une atmosphère particulièrement plaisante et que je veuille la retrouver. C'est donc rare, mais quand ça m'arrive, oui, j'aime!
Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé ?
Ne pas rencontrer. Rester sur la bonne impression fournie par le bouquin, sans risquer la désillusion d'une rencontre décevante parce que l'auteur est blasé de son salon du livre ou qu'il a mal dormi ou, tout simplement, qu'il n'est pas fascinant en face à face. Et puis si c'est pour lui sortir des banalités du genre "j'ai adoré votre livre", bon, ça ne fait guère avancer le schmilblik.
Une exception : les dessinateurs de BD. Pour avoir une dédicace personalisée.
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Aimes-tu parler de tes lectures ?
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Des bouquins qui m'ont plus, oui! D'ailleurs, il m'arrive des fois de le faire ici même...
Comment choisis-tu tes livres ?
Sur les conseils d'amis, au hasard du rayon poche chez les libraires, si la 1ère de couverture m'interpelle (la photo, le titre...), si j'en ai entendu dire du bien à la radio... Et compulsivement aussi, souvent : A chaque fois que je vais en librairie pour chercher un livre en particulier, j'en ressort avec 5 ou 6... sans forcément avoir trouvé le livre recherché!
Une lecture inavouable ?
Héhé... Les oies blanches du Capitole, que je suis en train de terminer. C'est la première fois que je lis un livre de la collection Brigade Mondaine (faut pas mourir idiot!), mais c'est probablement aussi la dernière... Enfin, il ne faut jamais dire "jamais", il paraît...
Des endroits préférés pour lire?
Mon lit.... le RER, métro, TGV et tout autre train dans lequel je suis amené à passer un temps certain.
Un livre idéal pour toi serait ?
Une sorte de vieux grimoire de magicien qui, en l'ouvrant au gré des pages, pourrait me téléporter géographiquement ou spatio-temporellement aux endroits et époques des récits... C'est déjà le cas par l'imagination, reste à trouver LE bouquin qui le réalise en vrai. Sinon, pour reprendre l'idée de Marie-George, le bouquin qui fait la vaisselle doit pas être mal non plus... Je plussoie, donc!
Lire par-dessus l'épaule ?
Ca dépend à qui est l'épaule... Sinon, j'essaie d'éviter, j'aime pas quand on me le fait. Mais des fois, c'est trop tentant (surtout avec les gros titres des magazines à sensations!).
Télé, jeux vidéos ou livre ?
Internet, ça compte comme jeu vidéo? Si non, alors, livre. Si oui, bah, jeux vidéos en prem's...
Lire et manger ?
Puis brossage de dents et au lit. Relire une petite heure, fermer les yeux et dormir.
Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Peu importe.
Lire un livre électronique ?
J'avais fait un billet à ce sujet il y a quelques mois... C'est ici que ça se passe. Comme je le disais plus haut, faut pas mourir idiot, j'essaierai peut-être un jour, mais ni l'idée ni l'objet ne me séduisent. Mais je préfère ça à lire un livre d'électronique!
Le livre vous tombe des mains : aller jusqu'au bout ou pas ?
Pfff... non, pourquoi se battre?
Il n'y a pas particulièrement de consigne pour le suivi du tag, notamment au sujet du nombre de victimes, mais comme l'objet d'un tag, c'est quand même de refiler la patate chaude, j'en balance une à Ariana, une autre à la Reine du Château, pour voir si elle trouve des fois le temps de lire ou si elle ne fait vraiment que bosser tout le temps comme elle veut le laisser croire. Il me reste trois patates... j'en file donc une à Mg., une à Plume Vive et la dernière (mais pas la moindre) à Dodue.
Je viens de finir Sur la route, de Jack Kerouac...
Il serait temps! me dirait Yibus, vu que je l'ai commencé chez lui il y a un mois.
Mais le truc, c'est que j'ai mes phases de lectures...
C'est à dire que je suis toujours dans deux ou trois bouquins à la fois, chacun correspondant à un moment bien précis de mon temps. L'un est pour meubler mes aller-retours en RER, l'autre, pour faire la transition entre l'activité diurne et le repos nocturne, le soir venu, sur l'oreiller... Et un troisième trouve son créneau horaire le plus souvent le week end, histoire de marquer la coupure correspondant au repos hebdomadaire (bien mérité) du guerrier...
Je termine, donc,Sur la route, disais-je, qui s'inscrit d'emblée dans mon petit Panthéon littéraire. Et pourtant, comment dire... ce n'est jamais que l'histoire de mecs paumés, fauchés et irresponsables qui tuent le temps en faisant la navette à travers les Etats-Unis, ne pouvant s'empêcher de penser, lorsqu'ils sont à New York, que "l'herbe est plus verte à San Francisco ou à Denver", et inversement dès qu'ils y sont arrivés...
En fait, plus que l'histoire en elle-même, c'est avant tout l'ambiance qui émane de cette lecture qui m'a bien plu. Cette atmosphère de départ, de mouvement, de trains de marchandises, de fuite en avant... et de Beat Generation! Par moments, ça m'a fait penser à du Steinbeck aussi, de partager la vie de ces "Américains apatrides", toujours sur le départ, sans réelle attache...
Au fil des pages, et des nouveaux protagonistes du récit, c'étaient pour moi les personnages des photographies de Walker Evans et, bien entendu, de Robert Franck qui s'animaient et prenaient vie, le long de cette route.
Puisque j'évoque Robert Franck, artiste représentatif du mouvement Beat, à l'instar de Kerouac, j'en profite pour te signaler son expo qui dure jusqu'au 22 mars au Jeu de Paume : 2 axes ont été retenus : une sélection de photos faites à Paris, mais surtout, l'intégrale de son travail ayant donné lieu, en 1958, à son livre culte : les Américains.
Je ne l'ai pas encore vue, mais je vais tâcher d'y aller assez vite, histoire de me replonger dans l'ambiance kerouaquienne!
Il y a quelques semaines, ayant rendez-vous avec un ami sur l'esplanade du centre Georges Pompidou, j'eus la surprise de le voir arriver (lui d'ordinaire toujours en retard) passablement en avance, pour une fois.
Je l'étais moi-même, en avance, sans quoi je n'aurais pu ni le voir arriver, ni apprécier sa précipitation à venir me retrouver pour aller boire un verre...
Nous décidâmes, d'un commun accord, de mettre à profit ce temps "gratis" pour faire un petit-tour-et-puis-s'en-vont à la librairie du musée avant d'aller joyeusement nous jeter quelques bières, car à ce moment là, les fêtes pointaient le bout de leur nez, et l'ami commençait à chercher des idées de cadeaux...
Et c'est là que je l'ai retrouvé : Gregory Crewdson. Ou plutôt, un de ses livres de photos, Beneath the roses. J'avais découvert cette expo il y a bientôt quatre ans, au White Cube à Londres et étais tombé en arrêt devant ses images. Suite à l'expo londonienne, j'avais été déçu que ma petite caboche ne retienne pas le nom de cet artiste, en raison des nombreuses autres expos enchaînées au pas de course en seulement deux jours... Alors ces retrouvailles inattendues à Beaubourg furent pour moi un moment enthousiasmant.
Je ne sais pas si tu te souviens de la série télé des années 60 La quatrième dimension, rediffusée dans l'émission La Une est à vous, le samedi après-midi, dans les années 80. Mais ça m'y a instantanément fait penser.
Les "tableaux", de format respectable, étaient tous empreints d'une atmosphère très particulière où l'on sentait le drame sous-jacent, le malaise, le non-dit, l'absence, le secret morbide et incestueux... En effet, la solitude, la nudité, la déchéance et la décrépitude sont des thèmes récurrents dans les photos de Crewdson. Certains éléments graphiques le sont aussi, tels les miroirs, dont la réflexion met en exergue les âmes tourmentées des personnages, ou encore les feux tricolores, photographiés à l'orange (il n'y a effectivement pas de meilleur moment que cette fugacité pour imortaliser un objet aussi quelconque et lui donner toute sa dimension scénique).
J'ai utilisé "tableaux" pour parler des photos, car c'est vraiment l'impression qu'elles donnaient, tant les images présentées étaient surnaturelles, à des kilomètres de la photographie "habituelle" ( je n'aime pas ce mot qui ne veut rien dire, mais j'ai pas trouvé mieux).
En fait, j'ai découvert après cette expo que Crewdson, plus qu'un photographe, était avant tout un metteur en scène. Ses images ne sont pas issues de l'observation, suivie de la captation, mais découlent bien d'une construction et d'une mise en scène, à l'image d'un tournage de film! Les décors sont entièrement recrées en studio, et la lumière, si particulière, n'est autre que le fruit du travail d'un directeur de la photo, sans doute très bon! La prise de vue n'est en fin de compte que l'ultime étape d'un processus long et complexe, permettant d'immortaliser un travail de mise en scène poussé à l'extrême. Tout ça pour insister sur certaines facettes de la vie dans certaines régions des Etats-Unis et, notamment, mettre en lumière une certaine face cachée du rêve américain, sorte de revers de médaille... Comme une cohorte de fantômes avec laquelle il faudrait accepter de vivre...
Quoi qu'il en soit, le résultat est percutant! Gênantes, glauques, intrigantes, les photos de Crewdson peuvent recevoir bien des qualificatifs, mais ne laissent en tous cas personne indifférent.
Si tu as l'occasion de le feuilleter en librairie, le bouquin s'appelle Sous la surface des roses, ou Beneath the roses... Jettes-y un oeil, ça vaut le détour!
Pour finir en musique, en restant dans la couleur de ce billet, je t'offre Patti Smith reprenant Smells like Teen spirit, de Nirvana:
Et pour l'anecdote, le Teen spirit, c'était un parfum très en vogue chez les teen-ageuses américaines à une époque... Parfum que portait alors la copine de Kurt Cobain (peut-être était-ce un teen-ageuse!) et qui inspira donc cette chanson!
Aujourd'hui, donc, comme je te l'avais laissé entendre, je ne suis pas là!
Bon, cependant, grâce aux lumières de la guirlande Yibus, je peux quand même poster ce billet par anticipation. Je me la joue un peu Isaac Asimov ou George Orwell là... Mais, dans les faits, malheureusement, je ne suis pas aussi talentueux...
Donc, tu te demandes sans doute à quelle sauce j'ai bien pu manger mon chocolat du 6 décembre, et surtout quelle forme il avait.
Avant de lever le voile sur cette question d'actualité brûlante, je dois cependant te faire savoir que c'est la mort dans l'âme que je me suis décidé à ouvrir la petite lucarne de ce jour. Pour ce faire, je devais en effet décapiter Porcinet!!!...
D'un autre côté, il m'a toujours énervé, Porcinet. C'était un pleurnichard, tout le temps à se réfugier dans l'ombre protectrice de son copain Winnie.... En plus, il était bègue et avec sa voix particulière, c'était assez insupportable.
Et puis après tout, c'est-ce pas là leur vocation, aux pourceaux, que de se faire débiter pour satisfaire nos estomacs??
Je réponds "si!" et, donc, m'exécute:
Une étoile de David...... Hum Hum... Intéressant... (je me donne une contenance, là, j'essaie de gagner du temps...).
Je ne suis pas de confession juive, en revanche je suis fan de U2. Non pas que je considère ça comme une religion, même si leur musique est divine et peut avoir certaines tonalités spirituelles, parfois... Tout ça pour dire que ce que m'évoque l'étoile de David, comme ça, de but en blanc, c'est ça :
Un message de paix et de coexistence pacifique (et non pas de guerre froide) entre les religions. Le mec qui a trouvé ce logo a eu une sacrée bonne idée. CoeXisT est en fait une marque de fringues... l'idée essentielle, c'est surtout, pour une fois, d'afficher une marque pour faire fi des différences culturelles et religieuses de chacun. Une marque dans laquelle un peu tout le monde est susceptible de se retrouver, en fin de compte, tout en restant en accord avec ses convictions et en prônant l'ouverture d'esprit et la découverte de l'autre.
Alors pourquoi te parle-je de U2? Tout simplement parce que Paul Hewson, alias Bono, le chanteur et leader de U2, est en quelque sorte le porte drapeau de la marque.
C'est un de ses nombreux engagements politiques et spirituels, justement. Alors, bon, du coup, il n'hésite pas à envoyer du lourd pendant ses concerts, quitte à aller un peu loin dans la mise en scène (à mon gout en tous cas), comme lors du Vertigo tour, dans le DVD du concert à Chicago (qui est loin d'être le meilleur que j'aie vu, d'ailleurs...) dont la jaquette va te résumer le problème :
Enfin, bon, c'est une rock star... Faut toujours qu'ils se fassent mousser dans le "chaud bise"! ;-)
Non, mais sinon, au delà du groupe et de sa musique, c'est vrai que j'aime bien l'homme aussi. D'ailleurs j'avais lu, voilà quelques années, Bono par Bono - Conversations avec Michka Assayas, pour en savoir un peu plus sur le bonhomme et la façon dont il combine la vie de rock star avec ses engagements politiques auprès des miséreux d'Afrique. C'était bien intéressant. Michka Assayas, si ça t'intéresse, est journaliste spécialisé dans la musique et le rock, et collabore régulièrement avec Libération. Accessoirement, c'est un pote de Bono.
Voilà donc, pour ce qui concerne l'étoile de David et CoeXisT. Si tu vas sur leur site, tu verras que, bien qu'assez esthétique, il n'en demeure pas moins bizarre depuis qu'ils ont mis une nouvellle version en ligne... Faut le savoir que c'est une marque de fringues, ça saute pas aux yeux...
Héhéhé! un jour de Saint-Nicolas, tu t'attendais pas à ce que je te parle de U2, hein? Bah moi non plus!
Allez, pour nous quitter en prenant un peu d'altitude... fais péter les watts! (désolé pour le son k'il est pas bon...) :
Je viens de lire, cette semaine, un petit roman sur lequel je suis tombé par hasard chez Gibert lundi dernier (la 1ère fois que j'y mettais les pieds en 7 ans de vie parisienne, incroyable!).
C'est d'abord la couverture qui me frappai : illustrée par Tardi, dont je trouve le coup de crayon sympathique, j'ai ensuite reconnu le nom de l'auteur. Depuis des années que j'entends parler de Benacquista, ben je n'avais rien lu de lui, pourtant... Enfin, le titre, Le serrurier, volant était suffisamment intrigant, j'ai voulu en savoir plus.
En feuilletant ledit bouquin, je me suis aperçu que les dessins de Tardi accompagnaient agréablement l'intégralité de la lecture, jusqu'à la fin du roman... Il n'en fallait pas plus! Ni une ni deux, j'ai compulsivement effectué l'achat. Rendez vous compte! Un bouquin qui combine le côté roman-pas-désagréable-qui-se-lit-facilement et le côté BD (sans les phylactères, toutefois), c'est sympa!
Et effectivement, ça se lit bien. Personnellement, ça m'a fait un peu penser à la saga Malaussène, de ce cher Daniel Pennac. Ce petit bouquin vous occupera agréablement un après midi gris et pluvieux où le ciné ne saura vous tenter.
Après, je dis pas que c'est de la grande littérature, hein, c'est sans prétention... Mais il faut savoir accepter de n'en pas toujours avoir, de la prétention!
Et pour ceux qui aiment lire en musique, voilà le morceau de musique du jour. La voix rocailleuse de Tom Waits, sur des arrangements qui ne sont pas sans rappeler un certain Jonny Cash... Long way home:
Je dis tantôt, mais bon, ça fait une paye et une sacrée paye même, puisque ça date du 24 septembre, bref, il y a un mois et demi.
Alors je présente mes excuses les plus applaties à mes trois lecteurs qui ont dû, depuis longtemps, voguer vers de nouveaux horizons faute de niouzes par ici.
Plusieurs raisons se sont combinées pour me faire jouer de malchance. Loin de moi l'idée de vouloir me justifier, mais une si longue absence mérite quand même quelques éléments d'explications : je sors tout juste de ma période professionnelle la plus intense de l'année qui a duré quelques 6 à 7 semaines.
J'avoue que le soir, en rentrant, après une journée passée devant l'ordi au bureau, je n'avais plus trop la fougue de bloguer. De plus, cette période correspondait, comme chaque année, à la déprime automnale qui mine le moral à tous les niveaux: l'envie de rien, et puis bloguer pourquoi faire, d'abord??
Fort heureusement, j'ai repris du poil de la bête, professionnellement c'est relâche, et l'envie de bloguer revient. Sache donc, lecteur, ne pas bouder le plaisir de me retrouver "online" et vas-y de ton petit commentaire pour m'encourager!
Mais, trève de babillage, il est désormais grand temps que je m'exécute dans la réalisation du tag sus-cité, pour ne point laisser croire à MGP que je ne suis qu'un couard fuyant lâchement.
Il s'agit du 123-tag dont je te rappelle le règlement ci-dessous, si tu as l'audace de ne pas déjà le connaître (toute façon, c'est dans la règle!):
Règlement :
A) citer la personne qui t'a tagué et mettre un lien vers son blog ; B) indiquer le règlement du jeu ; C) ouvrir un livre que l'on aime à la page 123 ; D) recopier à partir de la cinquième phrase et les cinq phrases suivantes ; E) indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur, ainsi que l'année d'édition ; F) taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir sur leur blog.
Effectivement,les livres qui m'ont le plus marqués ne proposent pas toujours la page 123 la plus intéressante. Certains n'ont même rien, sur la page 123 (dans plusieurs cas, une simple page d'en tête de chapitre, rien que le numéro!)
Et pour les petits bas-de-plafond, je mets le doigt sur le souvenir mathématique qui fait mal, j'ai nommé: "le N+1". Car en effet, de la 5e à la 11e phrase, ça nous fait un total de 6 phrases, au final. Mais, place au texte :
"Ma maladie nous avait ruiné. Pendant deux ou trois mois, les meilleurs spécialistes d'Europe avaient été convoqués auprès de moi et ma mère était criblée de dettes. Même avant ma défaillance et bien que sa maison fût, incontestablement, pendant deux ans, la première de la ville, son prestige était plus reluisant que son chiffre d'affaires, et notre train de vie plus grand que nos moyens ; l'entreprise ne subsistait que dans le cercle infernal des traites sur l'avenir, et le mot russe wechsel, traite, était un refrain que j'entendais continuellement. Il faut bien mentionner aussi l'extravagance extraordinaire de ma mère lorsqu'il s'agissait de moi, l'étonnante écurie de professeurs dont j'étais entouré, et surtout, sa détermination de maintenir coûte que coûte une façade de prospérité, de ne pas laisser la rumeur se répandre que l'affaire périclitait car, dans le snobisme capricieux qui pousse la clientèle à accorder ses faveurs à une maison de couture, le succès joue un rôle essentiel : au moindre signe de difficultés matérielles, ces dames font la moue, s'adressent ailleurs ou s'appliquent à vous arracher un prix de plus en plus bas, accélérant ainsi le mouvement jusqu'à la chute finale. Ma mère le savait bien et elle lutta jusqu'au bout pour sauver les apparences. Elle savait admirablement donner aux clientes l'impression qu'elles étaient "admises", ou même "tolérées", qu'on n'avait pas vraiment besoin d'elles, qu'on leur faisait une faveur en acceptant leurs commandes. Ces dames se disputaient son attention, ne discutaient jamais les prix, tremblaient à l'idée qu'une robe nouvelle pût ne pas être prête pour le bal, pour la première, pour le gala - ceci, alors que ma mère avait chaque mois le couteau de l'échénce sur la gorge, qu'il fallait emprunter de l'argent chez les usuriers, que des traites nouvelles étaient tirées pour faire face aux traites échues, cependant qu'il fallait aussi s'occuper de la mode du jour, ne pas se laisser distancer par les concurrents, jouer la comédie devant les acheteurs, procéder aux interminables essayages, sans jamais donner l'impression à l'aimable clientèle qu'elle vous tenait à sa merci, et assister aux "achèterai - achèterai pas" de ces dames avec un sourire amusé, sans leur laisser deviner que l'issue de cette valse-hésitation était pour vous une question de vie ou de mort."
Alors, non, ce n'est pas du Proust, même si ces six phrases nous amènent jusqu'au milieu de la page 124. Il s'agit de Romain Gary, La promesse de l'aube, éditions Gallimard, collection Folio, 1980.
Il me faut maintenant lancer la patate chaude à 4 confrères blogueurs.... Ou conseurs, d'ailleurs, point de sexisme!
Je tague donc miss Pyrrha-Na, qui m'a poussé au blog (une sorte de petit hommage quoi!), Marie-Luka-Luna-biche, pour savoir ce qu'elle lit depuis qu'elle est au Canada, Dodue de la Plume, qui a sans doute déjà reçu ce tag, mais qui a sans doute également commis de nouvelles lectures depuis, avec cette rentrée littéraire qui bat son plein, et une petite 4e pour la route : Miss Cochon, que j'ai toujours un grand plaisir à lire.
Voilà, moi, maintenant, j'ai bien bossé, j'vais aller me coucher.
Mais pas avant de vous passer une petite musique de nuit, pour vous mettre un peu de baume au coeur en cette période de récession économique, qui me semble pas prête de s'arrêter :
La semaine dernière; j'ai été fort déconcerté alors que j'écoutais, d'une oreille distraite, les infos radiodiffusées.
Une brève, sortie du lot, me frappai : malgré la cérémonie consommée de clôture des jios, la France venait de décrocher un nouveau titre : champion d'Europe de la Natalité, avec le seuil record de 2 enfants par femme atteint... Actuellement, la France renouvelle donc intégralement sa population. Et bien évidemment, le journaliste d'achever sa chronique par le traditionnel cocorico qui va bien...
Bon, prenons le problème au début, voulez-vous?
Qu'y a-t-il de si honorable à ce que nos concitoyens procréent autant?? Ces louanges natalistes ne sont pas sans me faire penser à la politique d'un certain gouvernement jadis installé dans une célèbre ville d'eau de l'Allier... Alors, bon, si ledit journaliste pensait à sa retraite, effectivement, ce niveau de natalité peut, dans l'absolu, lui redonner un peu espoir : j'entendais, la semaine dernière, sur France Info que l'on comptait 4 cotisants pour 1 retraité il y a 40 ans. Il y a 20 ans, le nombre de cotisants par retraité était divisé de moitié, et si ma mémoire est bonne, aujourd'hui, on doit péniblement osciller autour d'un cotisant pour 1 retraité.
Je vais prochainement fêter (ou pas) mes 25 ans et, bien que ce sujet ne constitue pas une de mes préoccupations majeures (et pour cause!) je me suis déjà fait depuis longtemps à l'idée de ne jamais avoir de retraite, un peu comme ces caissières octogénaires que l'on trouve à Wall-Mart (le Carrouf américain) à 2h du matin pour vous ensacher vos achats (redites le vite, pour voir!).
Mais les enfants qui naissent aujourd'hui, qu'est-ce qui les attend? Je passe sur le fait que ces futurs consommateurs (c'est bien à celà que la société actuelle tend à les réduire) n'ont, bien évidemment, pas demandé à venir au monde. Mais sinon? La pyramide des âges a muté, il s'agit plutôt aujourd'hui,d'un "entonnoir des âges". Bonjour la pression sur leurs frêles épaules! Non seulement, on ne peut pas dire que la conjoncture économique soit bien folichonne, on peut donc s'attendre à ce que ces "bouts d'chou" obtiennent majoritairement une situation précaire, mais avec quel espoir d'amélioration à moyen voire long terme? Ils vont, au mieux, péniblement arriver à cotiser pour payer des retraites en surnombre et, pour eux, ben, TINTIN! Restera plus rien quand viendra leur tour! Gageons que, dans ces conditions, des programmes télévisuels destinés à offrir du rêve aux masses populeuses comme Poubell euh, pardon... Plus belle, la vie ont encore de belles heures à défiler sur les jolis écrans plasma achetés à crédit!
Alors qu'y a-til de si enviable a multiplier les rejetons? Les parents eux-mêmes sont victimes de l'économie et n'ont d'yeux que pour leur sacro-saint "pouvoir d'achat", baromètre du bonheur des temps modernes dans une société de consommation. Pis encore, ils sont bien obligés de s'endetter pour les faire, ces gamins... Combien observe-t-on de jeunes couples qui, dès que leur premier enfant pointe le bout de son nez, filent acheter un MONOSPACE (au passage fort peu gourmand en carburant, cela va de soi)? C'est qu'il en faut de la place, pour stocker tout le bordel qui doit absolument accompagner "Bébé" (il s'agit du morveux, vous l'aurez compris) dans ses moindres déplacements : le lit parapluie, le maxi-cosi, la palette de biberons, le 30 tonnes de couches, sans même parler des jouets... Heureusement qu'il y a des banques, pour pouvoir acheter une maison ou un appartment plus grand (à prix d'or, dans des endroits comme Paris), pour payer l'orthophoniste, les 7 années d'études moyennes....
Petit intermède détente sur le même thème, vu par François Pérusse dans les 2 minutes du peuple: http://www.mediafire.com/?e28g2hx1mbs (à télécharger... j'ai pas réussi à l'"embedder")
Résultat, en plus de passer leur temps à ramasser les jouets de leur progéniture, faire leur devoirs, se taper des tonnes de lessives et du repassage-en-veux-tu-en-voilà, à devoir supporter les incessants "c'est quand qu'on arrive?", changer des tonnes de couches qui sont une catastrophe pour l'environnement, les heureux parents doivent se serrer la ceinture pour arriver à la fin du mois. Au revoir les petis week ends à l'improviste (il faudrait une nounou...), les voyages à l'autre bout du monde (bien trop cher avec ce train de vie!), les soirées jusqu'à pas d'heure...
J'entends déjà mes détracteurs me dire : "en fait, tu es un monstre d'égoïsme qui refuse le moindre élément pouvant entraver ta liberté!". Bon, ne soyons pas faux-cul, il y a un peu de ça. Mais je vous retourne la question, au vu des éléments sus-cités : est ce que balancer un enfant dans ce monde, alors qu'il n'a rien demandé à personne, afin de concrétiser son propre idéal de projet familial ce n'est pas, AUSSI, de l'égoïsme? Il faut en avoir de la volonté, mine de crayon, pour accepter de prendre suffisamment sur soi afin d'éviter de faire des malheureux, d'accepter de se voir viellir tout seuls comme un couple de vieux cons que l'on devient forcément (c'est le processus naturel!)
Alors ne mélangeons pas tout! N'allez pas m'accuser de ne pas aimer les mômes! C'est vrai que je ne trouve aucun intérêt aux nouveaux-nés qui sont tout frippés et rougeauds, gardent leurs yeux fermés le plus clair du temps tandis que leur bouche est, au contraire, quasiment ouverte en continu pour se nourrir ou vagir à plein volume. Malgré ces considérations pourtant flagrantes, ils réussissent l'exploit de ravir (surtout les femmes) et de faire se propager sur les visages alentours un air d'admiration béate. Franchement, et de façon tout à fait honnête et objective, il n'y a quand même pas lieu d'être à ce point admiratif, si? Pourtant, dès qu'ils grandissent un peu tous ces désagréments s'estompent progressivement. J'ai personnellement plein de neveux que j'adore (tiens, Yibus, tu es là?), mais il ne me viendrait absolument pas à l'idée de me mettre, moi aussi, à procréer. La seule alternative valable, selon moi, est l'adoption, que je trouve tout à fait louable. Malheureusement, devant le parcours du combattant que représente cette solution, beucoup de couples (j'entends : ceux qui ont le choix), optent pour la solution de facilité... Y'a encore pas mal de boulot sur ce dossier les gars...
J'ai lu il y a quelques mois le livre No Kid de Corinne Maier, représenté plus haut, au sous-titre ne laissant aucune place au doute sur le sujet traité. Je l'ai personnellement trouvé excellent. Très cynique, certes, c'est aussi pour ça qu'il est excellent, mais également très franc, sans détour et sans cette éternelle auto-censure des gens bien-pensant ou (trop) bien élevés.
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que cette mère de 2 enfants sait d'abord de quoi elle parle, pour l'avoir vécu, mais surtout ose, selon ses propres termes, faire son coming-out de mère! Son texte sera qualifié d'odieux et de choquant par la ligue catholique pétainsite, mais moi, je trouve que tout le monde devrait le lire, quelles que puissent être les convictions de chacun, au moins pour avoir un son de cloche original, trop rarement entendu, et qui vous dit surtout : Réfléchissez bien à ce que vous allez faire avant de le faire, après ce sera trop tard.
Et pour finir ce billet, plutôt que de vous passer un extrait de Tanguy, d'Etienne Chatiliez, j'ai préféré un sketch de l'excellente Florence Foresti :
Il y a quelques jours, de retour chez moi, harassé après une journée à la mine, je retrouvai ma Mie qui attendait vaguement mon retour, allongée sur le canapé, absorbée par sa lecture.
Ayant la bonne idée d'être en vacances, ma Mie, donc, était allée faire quelques emplettes chez un célèbre libraire de la rive gauche parisienne, et parcourait avec un intérêt non dissimulé un petit livre blanc... J'en distinguai brièvement le titre, répété par quatre fois sur la première de couverture : Kokologie.
L'orthographe me laissa perplexe : il ne pouvait s'agir d'une nouvelle fantaisie de la part de Brigitte Fontaine, plutôt orientée Kéké... Sans doute alors était-ce une étude relative à l'état actuel de déliquescence du parti communiste. L'orthographe de "Coco" ayant été modifiée pour faire office d'attrape-l'oeil....
Eh bien croyez-moi, croyez moi pas, il n'en était rien!
Que nenni, point de Coco!
Kokologie vient en fait du japonais et signifie "étude de l'esprit" ou "étude des sentiments", c'est à vous de voir...
Pour aller droit au but, il s'agit en fait d'une série de jeux/tests psychologiques qui ne disent pas leur nom. En effet, ils se présentent tous sous des formes tout à fait anodines et, le plus souvent, vraiment ludiques.
Ici il s'agit de s'imaginer sur un chameau dans le désert, là de dessiner le parcours de montagnes russes de ses rêves... Chaque approche est pour le moins discrète... Du coup, on est surpris de découvrir ce que chaque petit test nous apprend sur nous même, tant la mise en conditions psychologiques semble, à première vue, éloignée du sujet réellement traité.
Sans doute, tout ceci n'est pas très clair au vu de mes médiocres explications, mais ce petit bouquin se révèle vraiment étonnant et très amusant pour se découvrir, mais aussi pour découvrir nos proches et les sentiments que nous éprouvons à leur égard, parfois même inconsciemment. Le livre est organisé de telle sorte que l'on peut faire les tests seul, à plusieurs, de façon alternée ou simultanée sans être au courant des réponses. Idéal pour s'y adonner avec ses amis, son conjoint, ou sa famille...
Aussi rigide et insensible que l'on puisse être, la lecture de Kokologie ne laisse pas indifférent et induit inévitablement une certaine introspection et une remise en question suite aux conclusions des tests, qui semblent parfois complètement délirantes, voire ubuesques. Pourtant, à y regarder de plus près, pas tant que ça...
Contrairement à nombre de tests futiles emplissant les magazines féminins et n'aboutissant finalement qu'à "mettre les gens dans des cases" (au passage, c'est super naze...), Kokologie vous garantit un moment de détente, de surprises, d'amusement et de découvertes, le tout pour un prix très abordable, de l'ordre de 6,5€! N'hésitez plus, fonçez l'acheter!
Pour finir, revenons en aux Kékés avec cette vidéo incroyable de Brigitte Fontaine invitée au 20h: